• Histoire d'Eliot - Prologue

    Le froid glacial

     

                    « Il fait noir…et j’ai…si froid… ». L’esprit embué, vide de toute information, l’âme se sent perdue. Elle se cherche. « Où suis-je ? ». Elle ouvre les yeux et se voit entourée par une nuée de cendre battue par la pluie. « C’est…beau…mais j’ai si…sommeil… ». Et ainsi l’âme s’endormit sur le tapis de cendre.

    De la chaleur. L’âme se réveille de nouveau, mais ne parvient pas encore à ouvrir les yeux. Une chaleur inconnue parcourt son corps, une douce chaleur bienveillante qui apaise l’âme perdue. Ses sens s’éveillent les uns après les autres ; d’abord l’odorat, une bonne odeur de…de quoi en fait ? L’âme ne saurait dire. Après l’odorat, se fut au toucher de s’éveiller. Elle sentit le toucher d’un tissu soyeux sur sa peau, quelque chose de léger et d’agréable. Elle sentit aussi l’humidité de l’eau sur son front. Qu’est-ce donc ? Vint ensuite le goût…un terrible goût de sang mêlé à des mixtures dont elle ne connaissait pas la nature. En tout cas le goût était infect. Vint ensuite l’ouïe. Un bruit de pas résonnait dans la pièce et on entendait quelques ustensiles s’agiter. Il devait donc y avoir quelqu’un dans la même pièce. Après quelques instants, l’âme pu enfin ouvrir les yeux et constater que cette personne qui s’agitait était un homme d’une bonne vingtaine d’années à la barbe hirsute et à la carrure d’ours. Il portait une sorte d’armure en cuir parsemées par endroit de pièces en métal qui semblaient plutôt lourde. Il se retourna alors et constata que son convive s’était réveillé. Il s’arrêta à peine dans ce qu’il faisait et lança d’une voix grave mais relativement douce :

    « - Alors jeune homme, ça va mieux ? »

    L’âme sembla surprise…alors elle était un homme. Soit, c’était une bonne chose de le savoir. Mais à la suite de cette révélation, le jeune homme se demanda alors ce qui le constituait.

    «  Tu peux parler ? Si tu le peux, pourrais-tu me dire ton nom ? »

    Le jeune homme tenta de parler. Ce fut difficile dans un premier temps car ses cordes vocales semblaient éprouver une certaine difficulté à se remettre en route et il toussa deux ou trois fois avant de pouvoir bredouiller quelques mots.

    « Mon…nom ? »

    Effectivement, la question se posait. Quel était son nom ? Ou même pire…qui était-il ?

    «- Oui ton nom. Tu dois bien en avoir un, non ? 

    - Je…je ne sais…pas...

    - Alors c’est ainsi…pas étonnant ceci dit vu l’état dans lequel je t’ai trouvé. Bon ! Que dirais-tu d’Eliot ? Ce n’est pas très inventif de ma part puisqu’il s’agit du nom de mon premier lapin mais…

    - Eliot….

    - Oui, nan, je devrais peut être faire un peu plus d’effort, ça ne se fait pas de donner à un jeune garçon le nom d’un lapin…

    - Non…Eliot…c’est…c’est bien.

    - Hum… »

    Sans dire mot, l’homme s’approcha d’Eliot et changea la compresse d’eau sur son front. Il le regarda dans les yeux, remonta la couverture sur le jeune homme puis l’intima de se rendormir. Encore trop faible pour luter face à la fatigue, le jeune garçon sentit de nouveau qu’il tombait dans l’inconscience et se laissa doucement bercer.


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